ACCEPTER VS SUBIR L'ANGOISSE
La plupart des gens qui souffrent d’angoisse confondent subir et accepter.
Entre subir l’angoisse et l’accepter, il existe une différence immense.
Dans les deux cas, la personne peut ressentir de la peur et se retrouver face à une situation inconfortable. Pourtant, l’expérience vécue et le message envoyé au cerveau ne sont pas les mêmes.
Imaginez un enfant qui a peur d’entrer dans une piscine.
Si un maître-nageur le jette soudainement dans l’eau, l’enfant est techniquement exposé à sa peur. Mais cette expérience brutale risque surtout de renforcer son angoisse et son envie d’éviter la piscine.
Il a été confronté à l’eau, mais il a subi la situation.
Prenons maintenant le temps de lui expliquer pourquoi il est important d’affronter progressivement sa peur. Une fois qu’il accepte cette idée, nous pouvons lui proposer de mettre une jambe dans l’eau, puis la seconde.
Quelques jours plus tard, il pourra avancer jusqu’à la taille pour rejoindre ses amis.
Chaque étape l’aide à constater qu’il peut traverser sa peur. Il sort de sa zone de confort avec suffisamment de sécurité pour apprendre une nouvelle manière de réagir.
C’est le principe de l’exposition progressive.
Subir l’angoisse consiste souvent à serrer les dents en attendant qu’elle disparaisse.
On respire plus fort, on boit de l’eau, on observe le paysage ou l’on tente de penser à autre chose. Tous ces gestes ont un même objectif : faire partir la sensation le plus rapidement possible.
Le cerveau peut alors interpréter cette réaction comme la preuve qu’un véritable danger était présent. Puisque nous avons tout fait pour échapper à l’angoisse, il comprend qu’il devra nous alerter de nouveau lorsqu’une sensation semblable apparaîtra.
C’est ainsi que le cercle de l’angoisse peut continuer à se renforcer.
Accepter l’angoisse demande une démarche différente.
Il s’agit d’apprendre progressivement à aller vers les situations redoutées, en comprenant ce que l’on cherche à enseigner à son cerveau. L’objectif est de rester suffisamment longtemps face à l’inconfort pour constater que la peur peut être traversée.
Cette progression doit respecter les capacités de chaque personne. On avance étape par étape, avec fermeté et bienveillance, jusqu’à ce que le cerveau cesse peu à peu d’interpréter la situation comme une menace.
C’est pour cette raison que je privilégie cette stratégie avec mes patients : une exposition comprise, acceptée et progressive.
À force de répétition, la personne reprend confiance dans sa capacité à vivre ses sensations. L’angoisse peut encore se présenter, mais elle ne décide plus systématiquement de ses actions.

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