ELLE APPELLE SON ANGOISSE PIMPRENELLE

Parler à son angoisse pour arrêter de lutter

Lorsque l’angoisse apparaît, notre premier réflexe consiste souvent à vouloir la faire disparaître.

Pour éviter de repartir dans cette lutte, je propose parfois à mes patients une stratégie très simple : parler directement à leur angoisse, à voix haute ou dans leur tête.

Cela peut sembler étrange au départ. Pourtant, cette manière de faire peut aider à reprendre sa place face à la peur.

Donner un prénom à son angoisse

Pendant une session de groupe, une patiente nous a raconté qu’elle devait se rendre chez le dentiste.

Sur le trajet, son angoisse essayait de lui faire croire qu’elle serait incapable d’aller jusqu’au rendez-vous. Elle a alors décidé de lui parler directement :

« Écoute, Pimprenelle, maintenant tu arrêtes. Nous sommes sur la route et nous ne pouvons pas rater le rendez-vous. Alors tu te tais et tu me suis. »

Oui, elle avait choisi de donner un prénom à son angoisse : Pimprenelle.

En s’adressant ainsi à elle, la patiente donnait une forme à cette partie d’elle qui avait peur. Elle pouvait entendre son inquiétude tout en continuant à avancer vers son rendez-vous.

Avancer avec l’angoisse

Le plus important dans cet exemple est que cette patiente n’a pas attendu de se sentir parfaitement détendue pour agir.

Elle n’a pas cherché à faire disparaître Pimprenelle avant de poursuivre sa route. Elle lui a parlé, puis elle est allée chez le dentiste avec elle.

La stratégie consiste donc à modifier sa position face à l’angoisse. La peur peut parler, mais elle ne décide plus de la direction à prendre.

Lorsque cette patiente a raconté son expérience à son psychiatre, elle lui a expliqué simplement :

« Je ne me relaxe pas. J’apprends à lui rentrer dedans et je lui parle. »

La relaxation suffit-elle face à l’angoisse ?

La relaxation peut apporter un apaisement ponctuel. Elle ne remplace cependant pas toujours un travail qui permet d’affronter progressivement les situations redoutées.

L’exposition graduelle consiste à aller étape par étape vers ce qui provoque la peur, avec des objectifs adaptés. Cette approche fait notamment partie des méthodes utilisées dans les thérapies cognitivo-comportementales pour certains troubles anxieux.

Les recherches montrent que la relaxation peut être utile, mais que les approches comprenant un travail d’exposition occupent une place importante dans le traitement durable de plusieurs troubles liés à l’anxiété.

Parler à son angoisse ne constitue donc pas une formule magique. Cette stratégie peut servir à arrêter de négocier avec la peur et à continuer l’exercice prévu malgré sa présence. Vous pouvez lui donner un prénom, lui répondre et lui rappeler qu’elle peut venir avec vous. Ensuite, vous poursuivez votre chemin.

Si vous en avez assez de laisser Pimprenelle dicter votre vie, découvrez la méthode Protocole Angoisse.